TRAHIE

Assise sur un banc à l’ombre d’un marronnier,elle songe……….Des scènes défilent sans prévenir,lui ouvrent les plaies qu’elle panse depuis des années…….Elle revit un après-midi……….

……Elle a besoin de partager une nouvelle avec ses amies d’enfance,sans crainte d’être jugée,il y a toujours complicité,compréhension,affection entre elles.Au cours de son trajet,elle se répète les mots,les phrases;elle est d’un naturel joyeux,les rires fusent agréablement de son minois.

Des ailes semblent porter ses pas…L’adrénaline se fait ressentir,elle approche;La paisible sympathie établit avec ses amies est si complète,si dense,si durable,comment ne pas aller vers elles en ce jour si particulier !! une évidence………Elle rayonne……………….

Arrivée,elle entreprend son discours sans attendre,construit avec tant d’application,ses phrases,ses mots déferlent……….mais elle s’interroge , ses amies sont stoïques,silencieuses,un malaise s’installe.

Leur mère nettoie nerveusement la toile cirée,tête baissée,sans un regard, se laisse dire= »va-t-en,ne reviens plus… ».La porte claque.

Effondrée,elle a envie de crier,les larmes ne viennent pas.De la confusion au doute elle passe à l’angoisse…….Et son visage s’innonde…………

« Elles m’ont trahie…..trahie…elles n’étaient pas des amies. »Elle ne sait si c’est la colère ou la tristesse qui l’engloutie,elle est noyée…..

Elle a vingt ans,elle attend un bébé,voilà ce qu’elle est venue annoncée….elle sort la tête de l’eau….Elle parle à son petit être qui l’occupe,lui expliquant que cette trahision est triste mais pas une catastrophe;c’est une épreuve,il y en aura d’autres.Elle doit rester lucide pour son futur…….mais oui elle a vingt ans,seul l’agréable doit exister.

Trahie  Trahie ,elle devrait effacer ce mot…..

Aprés une longue ballade,elle se laisse tomber dans le moelleux des coussins du salon aux couleurs psychédéliques,pose délicatement le saphir sur le vynil  qui occupe la platine depuis ce matin,c’est Léonard Cohen,elle prend son bouquin,elle aime lire Jung,n’est pas en accord avec Freud.

Pour le village le sujet passionne,vingt ans,pas mariée,enceinte………..

Elle est différente,elle met des fleurs dans ses cheveux,porte de longues robes,des sabots de bois ….Elle est ELLE tout simplement.

On est dans un village,dans les années soixante dix,un monde rural,où règnent les tabous, les préjugés.Le sujet excite les langues de vipères qui cachées derrière leurs rideaux de cuisine,cultivant leur piètre discours,cherchent à faire d’elle une maritorne.

Elle renonce à l’imitation,elle agit selon son naturel,son art de vivre,qu’importe ces vieilles mégères.

……………………………………Un vent frais interrompt cet interlude,elle quitte ce banc,avec hâte d’être à la maison,elle a une forte envie d’écrire…………….on est en 2011 !!

Il n’est guère facile de se délivrer de ses souvenirs récurrents.

©MARIJULADE


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